À Pékin, un simple contrôle de sécurité a brièvement fait monter la tension entre les services américains et chinois. En marge de la visite officielle de Donald Trump en Chine, un agent du Secret Service a refusé de remettre son arme aux autorités locales à l’entrée du Temple du Paradis, provoquant un long face-à-face entre les deux appareils de sécurité.
L’incident s’est produit jeudi, alors que la délégation présidentielle américaine se rendait sur ce site emblématique de la capitale chinoise. Chargé d’escorter le pool de journalistes accompagnant le président américain, l’agent concerné s’est opposé aux exigences des gardes chinois, qui appliquent des règles très strictes concernant le port d’armes dans les lieux historiques et culturels.
Selon plusieurs journalistes présents sur place, les discussions entre responsables américains et chinois ont duré près de quatre-vingt-dix minutes avant qu’une solution soit finalement trouvée. Aucun détail n’a toutefois filtré sur l’arrangement conclu entre les deux parties, et ni la Maison Blanche ni le Secret Service n’ont souhaité commenter officiellement l’épisode.
Cet accrochage illustre les difficultés récurrentes qui entourent les déplacements internationaux des présidents américains. Les agents du Secret Service travaillent en permanence armés à proximité immédiate du chef de l’État, y compris lors des voyages à l’étranger. Une règle considérée comme essentielle par Washington, mais qui peut entrer en collision avec les réglementations imposées par les pays hôtes.
D’après plusieurs correspondants couvrant la visite, les tensions entre les équipes de sécurité américaines et chinoises ne se seraient pas limitées à cet incident. Des frictions auraient également eu lieu depuis l’arrivée de la délégation à Pékin, certaines altercations ayant même donné lieu à des échanges physiques, selon des journalistes américains présents sur place.
Ce type de confrontation n’est pas inédit entre les deux puissances. Lors de la précédente visite de Donald Trump en Chine, en 2017, les services de sécurité chinois avaient déjà tenté de restreindre l’accès d’un officier militaire américain transportant la mallette contenant les codes nucléaires présidentiels. L’épisode avait alors suscité un vif malaise diplomatique.
Malgré ces tensions en coulisses, la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping s’est poursuivie comme prévu. Les deux dirigeants ont échangé pendant plus de deux heures sur plusieurs dossiers sensibles, notamment les relations commerciales sino-américaines, la sécurité maritime autour du détroit d’Ormuz, la situation au Moyen-Orient et la lutte contre le trafic de fentanyl.
La visite présidentielle américaine doit s’achever ce vendredi 15 mai, au terme de deux jours de discussions à Pékin.
Thom Biakpa
Leave a comment