La montée récente des violences xénophobes en Afrique du Sud pousse de nombreux ressortissants étrangers à envisager un départ précipité. Parmi eux, au moins 130 Nigérians ont officiellement demandé à être rapatriés, dans un contexte marqué par des attaques ciblées, des tensions sociales persistantes et des incidents mortels.
Depuis la fin du mois de mars 2026, plusieurs zones urbaines sud-africaines sont le théâtre d’actes hostiles visant des migrants africains. Des commerces ont été incendiés, des personnes prises pour cible dans l’espace public, et deux citoyens nigérians ont perdu la vie dans des circonstances impliquant les forces de sécurité. Ces événements ont profondément alarmé les autorités nigérianes, qui ont décidé d’organiser des retours volontaires pour leurs ressortissants désireux de quitter le pays.
La cheffe de la diplomatie nigériane a indiqué que ce chiffre de 130 candidats au retour pourrait encore augmenter, à mesure que d’autres Nigérians sollicitent une assistance consulaire. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une directive présidentielle visant à renforcer la protection des citoyens nigérians à l’étranger et à assurer un suivi étroit de la situation.
Les deux décès confirmés ont suscité une vive indignation. L’un des hommes serait mort des suites de violences infligées par des militaires, tandis que l’autre a été retrouvé sans vie après un contact présumé avec des forces de police locales. Les autorités nigérianes ont fermement condamné ces faits et exigé que toute la lumière soit faite sur ces affaires.
Sur le plan diplomatique, Abuja a convoqué le représentant sud-africain pour demander des explications concernant les mauvais traitements subis par ses ressortissants ainsi que les attaques contre leurs biens. Cette initiative fait écho à une démarche similaire entreprise récemment par le Ghana. De leur côté, les autorités sud-africaines ont évoqué une volonté de coopération renforcée pour répondre aux tensions migratoires croissantes.
Parmi les personnes souhaitant quitter le territoire, certaines se trouveraient en situation administrative irrégulière. Pour elles, le rapatriement apparaît comme une alternative plus sûre face au risque d’arrestation ou d’exposition à de nouvelles violences. Les associations nigérianes sur place participent activement à l’identification et à l’accompagnement des volontaires.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions récurrentes. Des manifestations hostiles aux migrants ont récemment eu lieu à Johannesburg, organisées par des groupes locaux dénonçant la présence étrangère. Si ces rassemblements se sont déroulés sans incidents majeurs, de nouvelles mobilisations sont annoncées, faisant craindre une escalade.
Le phénomène de xénophobie en Afrique du Sud est ancien et profondément enraciné. Depuis la fin de l’apartheid, des centaines de personnes ont été tuées et des milliers de commerces détruits dans des vagues de violences visant principalement des migrants africains. Le taux de chômage élevé, dépassant les 30 %, alimente un sentiment de concurrence économique qui exacerbe les tensions.
À ce stade, aucune date n’a encore été fixée pour le début des opérations de rapatriement. Toutefois, les autorités nigérianes assurent maintenir un contact constant avec leurs homologues sud-africains afin de garantir la sécurité de leurs ressortissants encore présents sur le territoire.
Thom Biakpa
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