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Afrique du Sud : Durban évacue près de 400 migrants sous la menace de groupes xénophobes

Des populations d'Alexandra manifestent pour demander aux étrangers de quitter le quartier / AFP

À Durban, dans l’est de l’Afrique du Sud, une opération d’évacuation a été menée jeudi 21 mai pour mettre à l’abri près de 400 migrants installés dans un centre religieux, après des menaces émanant de groupes se revendiquant hostiles à l’immigration.

Selon les autorités, des ressortissants venus notamment de République démocratique du Congo, du Rwanda, d’Éthiopie et de Somalie avaient trouvé refuge dans ce bâtiment depuis plusieurs jours, certains y dormant sur place dans des conditions précaires. La tension est montée lorsque des mouvements anti-immigration ont commencé à se rassembler aux abords du site, réclamant le départ des étrangers qu’ils accusent d’être en situation irrégulière.

Face au risque de débordements, la police est intervenue en déployant des véhicules pour transférer les occupants vers un centre gouvernemental destiné aux demandeurs d’asile et réfugiés. Le départ s’est déroulé sous surveillance, tandis que des militants présents sur place scandaient des slogans hostiles, applaudissant le départ du groupe.

Parmi les personnes évacuées, plusieurs ont tenté de montrer leurs documents administratifs à travers les vitres des bus, affirmant être en règle et légalement installées en Afrique du Sud. D’autres ont raconté avoir fui leur logement par peur de nouvelles agressions, après des campagnes locales demandant aux étrangers de quitter les lieux avant une date butoir fixée à fin juin.

Cette nouvelle tension s’inscrit dans un climat récurrent de violences xénophobes dans le pays. Depuis plusieurs années, l’Afrique du Sud connaît des épisodes réguliers d’attaques visant des migrants, souvent accusés de concurrencer les habitants locaux sur le marché du travail ou d’être liés à la criminalité. Des vagues particulièrement violentes avaient déjà été enregistrées en 2008, puis lors de plusieurs épisodes en 2015, 2016, 2019 et 2021.

À l’approche d’élections locales sensibles, ces discours anti-immigration gagnent en visibilité, portés par certains groupes militants, même s’ils restent minoritaires. L’un de leurs représentants, Jacinta Ngobese-Zuma, a affirmé que leur mouvement ne prônait pas la violence, mais demandait l’expulsion des personnes sans statut légal.

Pour les migrants concernés, l’évacuation ne met pas fin à l’incertitude. Plusieurs racontent un parcours marqué par les conflits et l’exil. L’un d’eux, originaire de RDC, explique avoir quitté son pays très jeune pour fuir la guerre, avant de devenir lui-même victime de violences en Afrique du Sud, malgré des papiers en règle. Une trajectoire qui illustre, selon lui, la difficulté de trouver la sécurité même loin de son pays d’origine.

Thom Biakpa

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