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Monde/ Vladimir Poutine au Moyen-Orient

Une visite à forte odeur de pétrole du chef russe aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite

C’est une tournée courte mais fortement stratégique que vient d’effectuer Vladimir Poutine, le président de la Russie aux Emirats Arabes Unis et en Arabie Saoudite, ce mercredi 6 novembre 2023. Le chef russe a mis à profit ce déplacement pour resserrer les liens avec ses alliés du Golfe, notamment autour du pétrole.

Vladimir Poutine que les Occidentaux cherchent à isoler au maximum depuis l’eclatement de la guerre en Ukraine en février 2022, fait ainsi son retour sur la scène internationale en privilégiant ses alliés du Golf. Il fait le choix de rendre visite à des partenaires économiques jugés importants et chez qui le président, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour la « déportation » d’enfants ukrainiens, ne risque pas l’arrestation, ces deux pays n’ayant pas ratifié le traité fondateur de cette institution.

Arrivé dans la soirée à Riyad, Vladimir Poutine, selon des images de la télévision russe, a été reçu par Mohammed Ben Salmane, le prince héritier et homme fort de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial du pétrole brut. « Rien ne peut empêcher le développement de nos relations amicales », a déclaré le président russe, invitant le dirigeant saoudien à effectuer une visite à Moscou. 

Les deux hommes ont discuté investissements mais aussi de « leur coopération dans le secteur de l’énergie », garante d’une « situation stable et prévisible » sur le marché. international, selon le Kremlin. La Russie est le troisième producteur mondial de brut. 

Le conflit entre Israël et le Hamas à l’ordre du jour

Pour ce voyage diplomatique d’une journée, Vladimir Poutine s’était d’abord arrêté aux Émirats. Reçu dans l’imposant palais présidentiel d’Abou Dhabi, il s’est entretenu avec son homologue, Mohammed Ben Zayed al-Nahyane. 

Il a eu droit à un accueil avec les honneurs : des dizaines de soldats en armes l’attendaient au palais, tandis qu’une patrouille aérienne a traversé le ciel en diffusant des fumigènes aux couleurs du drapeau russe et que des coups de canon étaient tirés à proximité, selon des images diffusées par le Kremlin. Grâce à votre position, nos relations ont atteint un niveau sans précédent », a souligné Vladimir Poutine, au début de la rencontre.

Le chef de l’État russe a assuré que les Émirats étaient « le principal partenaire commercial de la Russie dans le monde arabe », évoquant des « projets dans le secteur du gaz et du pétrole ».

Il a en outre dit vouloir évoquer la situation « dans les zones chaudes », citant le conflit israélo-palestinien mais aussi « la crise en Ukraine ».

Avant ce voyage, la présidence russe avait fait savoir que les dirigeants parleraient de la réduction de la production de pétrole dans le cadre de l’Opep+, une alliance de pays exportateurs de pétrole et de partenaires, dont la Russie est membre.

Vladimir Poutine ne s’est en revanche pas rendu à la COP28, qui se déroule à Dubaï. Le président russe, traité en paria par les Occidentaux, a été absent des précédentes grandes rencontres internationales : le sommet du G20 en Inde en septembre et celui des Brics en Afrique du Sud en août. 

Officiellement, Vladimir Poutine affirme éviter ces réunions pour ne pas « causer de problèmes » aux organisateurs. Reste que le mandat d’arrêt de la CPI entrave ses déplacements car il pourrait théoriquement être arrêté s’il se rendait dans un pays membre.

Vladimir Poutine privilégiait ces derniers temps les déplacements en terres très amicales. En octobre, il avait été reçu en Chine par son homologue, Xi Jinping, en marge du forum des Nouvelles routes de la soie. Quelques jours auparavant, il s’était rendu au Kirghizstan pour son premier voyage à l’étranger depuis le mandat d’arrêt émis par la CPI.

Mais le chef de l’État russe voit un contexte international plus favorable à ses intérêts. La contre-offensive ukrainienne, très attendue, s’est fracassée cet été contre les défenses russes. Quant au soutien jusqu’alors inconditionnel des Occidentaux à Kiev, il montre des signes d’effritement, à la faveur des divisions politiques, comme l’espérait le Kremlin.

 

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