La guerre larvée qui secoue le Golfe redessine progressivement les équilibres énergétiques mondiaux. Dans ce contexte explosif, l’Iran s’impose désormais comme l’acteur incontournable du détroit d’Ormuz, ce corridor maritime stratégique par lequel transite une part essentielle du pétrole et du gaz mondial.
Selon des informations révélées le 12 mai 2026 par Reuters, l’Irak et le Pakistan ont chacun conclu des arrangements avec Téhéran afin d’assurer le passage sécurisé de leurs cargaisons de brut et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Bagdad a notamment réussi à faire franchir le détroit à deux superpétroliers géants transportant près de deux millions de barils chacun. Depuis plusieurs semaines, les autorités irakiennes transmettent directement aux responsables iraniens les données détaillées des navires appelés à traverser la zone. Les convois suivent désormais des itinéraires spécifiques placés sous contrôle naval iranien, signe d’une influence croissante de Téhéran sur cet axe vital du commerce énergétique mondial.
Le Pakistan, lui aussi confronté aux tensions régionales et aux perturbations logistiques, a engagé des discussions similaires afin de sécuriser ses approvisionnements énergétiques. Malgré cette coopération accrue, aucune source ne fait état de paiements directs à l’Iran ou aux Gardiens de la Révolution pour l’obtention de ces facilités de transit.
Depuis l’escalade militaire entre l’Iran, les États-Unis et Israël à la fin du mois de février, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz s’est brutalement effondré. Le nombre de navires traversant quotidiennement la zone ne représenterait plus qu’environ 5 % de son activité habituelle. Avant le déclenchement du conflit, près de 3 000 navires y transitaient chaque mois, transportant pétrole, gaz et marchandises stratégiques vers l’Europe et l’Asie.
Cette paralysie partielle du détroit provoque déjà des secousses majeures sur les marchés internationaux. Les prix du pétrole Brent ont bondi de plus de 50 %, tandis que les tarifs du GNL connaissent une flambée comprise entre 35 % et 50 % sur plusieurs marchés européens et asiatiques. Les analystes redoutent désormais une crise énergétique mondiale durable si les tensions persistent dans la région.
Face à cette situation, Téhéran durcit également sa position diplomatique. Les autorités iraniennes conditionnent toute désescalade à l’obtention de réparations économiques ainsi qu’à un allègement des sanctions internationales. Des exigences catégoriquement rejetées le 12 mai par Donald Trump, fermant pour l’instant la porte à toute négociation officielle.
Dans ce climat de forte instabilité, le détroit d’Ormuz apparaît plus que jamais comme le baromètre des tensions géopolitiques mondiales. Et en contrôlant de facto cet étroit passage maritime, l’Iran confirme son rôle central dans l’équation énergétique et sécuritaire du Moyen-Orient.
Thom Biakpa
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