Téhéran ferme la porte à une reprise immédiate du dialogue avec Washington. Ce dimanche 19 avril, les autorités iraniennes ont annoncé qu’elles ne prendraient pas part au second cycle de négociations prévu à Islamabad, quelques heures seulement après l’annonce de Donald Trump concernant l’envoi d’une nouvelle délégation américaine au Pakistan.
Selon les médias officiels iraniens, ce refus s’explique par un profond désaccord sur les conditions imposées par Washington. L’agence IRNA évoque des exigences jugées irréalistes, des revirements constants dans la position américaine, ainsi que le maintien d’un blocus naval perçu comme une violation directe du cessez-le-feu en vigueur. Téhéran accuse également les États-Unis d’avoir communiqué de manière trompeuse sur une supposée participation iranienne afin d’exercer une pression diplomatique.
Du côté américain, la stratégie semble se poursuivre malgré tout. Donald Trump a confirmé l’envoi de son émissaire spécial Steve Witkoff accompagné de Jared Kushner à Islamabad. Contrairement au premier round du 12 avril, le vice-président JD Vance ne fera pas le déplacement, officiellement pour des raisons de sécurité.
Dans un message publié en ligne, le président américain a durci le ton, évoquant un « accord raisonnable » tout en menaçant de frappes massives contre les infrastructures iraniennes en cas de refus.
Sur le terrain diplomatique, la situation reste fragile. Un cessez-le-feu de deux semaines, conclu le 8 avril sous médiation pakistanaise, doit expirer le mercredi 22 avril. Bien que des avancées aient été réalisées sur plusieurs points, des divergences majeures persistent, notamment concernant le détroit d’Ormuz et le programme nucléaire iranien.
Le Pakistan, par l’intermédiaire de son ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar, continue de jouer les médiateurs. Celui-ci s’est entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi dans l’espoir de maintenir un canal de discussion ouvert, malgré l’impasse actuelle.
Thom Biakpa
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