La Russie se dit prête à renouer avec les acheteurs européens en matière de pétrole et de gaz. Le président russe, Vladimir Poutine, a indiqué lundi que Moscou pourrait reprendre ses exportations vers l’Europe, à condition que cette coopération s’inscrive dans une relation « durable » et débarrassée de toute pression politique exercée contre la Russie.
Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques mondiaux. Depuis le 28 février 2026, les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont entraîné une réaction immédiate des marchés. Le prix du baril de Brent a dépassé les 100 dollars, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.
La hausse des prix ravive ainsi un débat sensible en Europe : celui du maintien de la rupture énergétique avec Moscou. Lors d’un forum consacré à l’énergie, Vladimir Poutine a affirmé que si les entreprises européennes souhaitent reprendre une coopération « à long terme » avec la Russie, sans motivations politiques, Moscou serait disposé à répondre à cette demande.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’Union européenne a adopté plusieurs séries de sanctions contre la Russie. Ces mesures incluent notamment le gel d’avoirs, l’exclusion de certaines banques russes du système de paiement international SWIFT, un embargo sur le pétrole russe et la mise en place d’un plafonnement des prix.
Avant 2022, la Russie était un fournisseur majeur de gaz pour l’Europe, représentant environ 40 % des importations du continent. Aujourd’hui, cette part est tombée sous les 10 %, selon la Commission européenne. Pour compenser cette chute, les pays européens ont multiplié les sources d’approvisionnement, notamment via le gaz naturel liquéfié provenant des États-Unis, de la Norvège ou encore du Qatar, tout en accélérant leur transition énergétique. Ces ajustements ont toutefois impliqué des investissements importants dans un contexte marqué par une hausse du coût de la vie.
Les déclarations du Kremlin interviennent également après des propos tenus quelques jours plus tôt par Vladimir Poutine. Le 4 mars, il avait évoqué l’idée qu’il pourrait être « plus profitable » pour la Russie de cesser définitivement ses livraisons d’énergie vers l’Europe, tout en précisant qu’il ne s’agissait que d’une réflexion personnelle.
À Kiev, ces déclarations ont été perçues comme une tentative de pression sur l’Europe, certains responsables ukrainiens parlant d’un « chantage énergétique 2.0 ». Dans ce contexte, le double discours de Moscou pourrait compliquer toute éventuelle reprise du dialogue énergétique entre la Russie et l’Union européenne. Pour l’heure, aucune réaction officielle de Bruxelles n’a été annoncée.
Thom Biakpa
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