Madagascar accélère son repositionnement diplomatique. En déplacement en Russie le 19 février, le président Michaël Randrianirina a confirmé son ambition de faire des BRICS, un levier stratégique pour le développement de la Grande Île.
Interrogé par RT, le chef de l’État a assumé une ligne claire : « Nous pensons que coopérer avec les BRICS nous ouvrira de nouvelles portes ». Une déclaration qui s’inscrit dans une démarche plus large de diversification des partenariats économiques et politiques.
Un virage multipolaire assumé
Depuis son arrivée au pouvoir dans le sillage de la Refondation de la République, le président malgache défend une diplomatie pragmatique, affranchie des alignements traditionnels. L’objectif affiché est de multiplier les opportunités sans exclusivité.
« Nous nous ouvrons à tous les partenariats avec lesquels il nous est possible de coopérer », a-t-il martelé, revendiquant une approche dite « tous azimuts ». Ni rupture avec les partenaires occidentaux, ni basculement exclusif vers le bloc émergent. Antananarivo veut composer avec l’ensemble des pôles d’influence.
Une candidature déjà en marche
La stratégie ne se limite pas aux déclarations. Les 17 et 18 janvier 2026, lors d’une visite à Pretoria, Madagascar a officiellement sollicité le statut de pays partenaire des BRICS. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a apporté son soutien à cette demande, ouvrant la voie à une possible invitation au prochain sommet du bloc, prévu en juin 2026 en Inde.
À son retour à l’aéroport d’Ivato, le chef de l’État malgache s’est félicité de cette avancée, soulignant qu’une telle reconnaissance renforcerait l’intégration de Madagascar dans les nouvelles dynamiques économiques mondiales.
Moscou, étape clé des discussions
Le déplacement en Russie s’inscrit dans cette offensive diplomatique. Antananarivo souhaite clarifier ses attentes, notamment en matière d’investissements, de coopération énergétique et d’accès aux financements alternatifs.
Le président malgache a d’ailleurs insisté sur la nécessité pour la Russie et les BRICS de comprendre précisément « ce que nous attendons » de ce rapprochement. Une manière de poser les bases d’un partenariat fondé sur des retombées concrètes pour la population.
Une tendance régionale
Madagascar n’est pas isolée dans cette orientation. Plusieurs pays africains, à l’image de Djibouti ou du Kenya, explorent également les opportunités offertes par les BRICS tout en conservant leurs relations traditionnelles.
Pour la Grande Île, l’enjeu est double : élargir ses débouchés économiques et accroître sa marge de manœuvre diplomatique. La prochaine réunion des BRICS pourrait préciser le statut de Madagascar et confirmer, ou non, l’ouverture de ces « nouvelles portes » évoquées par son président.
Thom Biakpa
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