Un pompier se tient près des véhicules incendiés à la suite d’affrontements dans le quartier de Chitnavis Park Square, à Nagpur (Inde)/ AFP
La ville de Nagpur est actuellement le théâtre de tensions croissantes, alors que des groupes hindous radicaux s’en prennent à la tombe de l’empereur moghol Aurangzeb, qui a régné au XVIIe siècle. La situation a été exacerbée par des rumeurs concernant la destruction de copies du Coran, entraînant des affrontements violents avec des membres de la communauté musulmane. Depuis le lundi 17 mars, environ 70 personnes ont été blessées et un nombre similaire a été arrêté, poussant les autorités à instaurer un couvre-feu pour tenter de rétablir l’ordre.
Cet incident illustre une fois de plus les tensions interreligieuses qui perdurent en Inde, souvent alimentées par des rancunes historiques. La récente sortie d’un film dépeignant Aurangzeb comme un conquérant sanguinaire a ravivé les revendications des mouvements radicaux hindous, qui exigent le démantèlement de sa sépulture. Les militants du Vishwa Hindu Parishad (VHP), un groupe extrémiste, accusent Aurangzeb d’avoir persécuté les hindous et détruit leurs temples, bien que de nombreux historiens contestent cette vision simpliste et nuancée de l’histoire.
À Nagpur, des manifestations ont eu lieu, accompagnées de la destruction d’effigies de l’empereur. Des rassemblements similaires se sont également produits dans plusieurs autres villes du Maharashtra, où les tensions ont rapidement dégénéré en heurts entre hindous, musulmans et forces de l’ordre. Des véhicules ont été incendiés et des habitations endommagées, nécessitant le déploiement de plus de 1 000 policiers, qui ont dû recourir à des gaz lacrymogènes pour disperser les foules et interdire les rassemblements.
Le ministre en chef du Maharashtra, Devendra Fadnavis, a pris la parole pour assurer que la tombe d’Aurangzeb serait protégée. Cependant, ce nationaliste hindou a exprimé son regret de devoir défendre la sépulture d’un empereur aussi controversé, qui est classée au patrimoine archéologique de l’Inde. Cette déclaration souligne la complexité des enjeux historiques et culturels en jeu, alors que le pays navigue entre la préservation de son héritage et les tensions communautaires qui menacent la paix sociale.
La situation à Nagpur reste tendue, et les autorités surveillent de près l’évolution des événements, conscientes que ces affrontements pourraient avoir des répercussions bien au-delà des frontières de la ville.
Thom Biakpa
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