Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a adressé jeudi 12 mars son premier message officiel à la nation depuis son accession au pouvoir. Désigné à la tête de la République islamique le 8 mars par l’Assemblée des experts, quelques jours après la mort de son père Ali Khamenei, il a promis des représailles contre les États-Unis et Israël, qu’il accuse d’être responsables de l’assassinat de l’ancien dirigeant.
Le message, diffusé à la télévision d’État iranienne et lu par une présentatrice, n’était accompagné d’aucune image ni enregistrement audio du nouveau chef religieux. Cette absence alimente les interrogations autour de son état de santé et de sa capacité à apparaître publiquement, aucune intervention officielle n’ayant été enregistrée depuis la fin du mois de février.
Menaces contre les bases américaines
Dans sa déclaration, Mojtaba Khamenei a adopté un ton particulièrement ferme à l’égard de Washington et de Tel-Aviv. Il a affirmé que l’Iran entendait venger la mort de son père et a appelé à la fermeture de toutes les installations militaires américaines dans la région.
Selon lui, ces bases seraient désormais considérées comme des cibles potentielles. Le dirigeant iranien a insisté sur la nécessité de poursuivre ce qu’il décrit comme une « résistance » face aux puissances qu’il accuse d’agression, déclarant que l’objectif est de contraindre l’ennemi à renoncer.
Depuis le début de l’escalade militaire à la fin du mois de février, l’Iran a déjà mené plusieurs frappes visant des intérêts américains dans le Golfe, dans un contexte de confrontation croissante avec les États-Unis et Israël.
Appel aux pays voisins
Tout en brandissant des menaces militaires, Mojtaba Khamenei a également adressé un message aux pays voisins de l’Iran. Il a évoqué la possibilité de relations amicales avec les États de la région, tout en les invitant à clarifier leur position dans le conflit opposant l’Iran aux puissances occidentales et à Israël. Ce double discours, mêlant ouverture diplomatique et fermeté militaire, intervient alors que la transition politique au sommet de la République islamique se déroule dans un climat de guerre et d’instabilité régionale.
Le détroit d’Ormuz toujours fermé
Le nouveau guide suprême a par ailleurs confirmé le maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial de pétrole. Cette décision, déjà appliquée depuis le début du conflit, accentue la pression sur les marchés énergétiques internationaux et perturbe l’approvisionnement de plusieurs pays du Golfe.
Pour les analystes, cette mesure pourrait avoir des répercussions économiques majeures si elle se prolonge, en particulier sur les prix du pétrole et la sécurité énergétique mondiale.
Une succession en pleine guerre
Ali Khamenei, qui dirigeait la République islamique depuis 1989, a été tué lors de frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël au début du conflit. Quelques jours plus tard, l’Assemblée des experts a désigné son fils Mojtaba Khamenei pour lui succéder à la tête du pays.
Cette transition inédite, qui intervient en pleine confrontation militaire régionale, ouvre une nouvelle phase d’incertitude pour l’Iran et pour l’équilibre stratégique du Moyen-Orient. Au moment de la diffusion du message, aucune réaction officielle des autorités américaines ou israéliennes n’avait encore été annoncée.
Thom Biakpa
Leave a comment