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« Conseil de paix » de Donald Trump : Pékin confirme avoir été sollicité

Xi Jinping président de la Russie/ AFP

Après Moscou, Pékin. La Chine a confirmé ce mardi 20 janvier avoir bien reçu une invitation officielle des États-Unis pour rejoindre le « Conseil de paix » imaginé par Donald Trump. L’information, rendue publique par le ministère chinois des Affaires étrangères, intervient au lendemain de révélations similaires du Kremlin concernant une invitation adressée à Vladimir Poutine. Si l’existence de ces démarches est désormais établie, les intentions réelles des puissances conviées demeurent floues, alimentant interrogations et scepticisme sur la scène internationale.

Lors de son point presse quotidien, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Guo Jiakun, s’est borné à une déclaration minimaliste : « La Chine a reçu l’invitation des États-Unis ». Aucune indication supplémentaire n’a été fournie quant à une éventuelle acceptation ou refus. Une retenue conforme à la tradition diplomatique chinoise, mais révélatrice aussi de l’embarras de Pékin face à une initiative qui semble s’écarter des cadres multilatéraux défendus de longue date par la République populaire.

Une structure alternative aux institutions internationales existantes

Initialement présenté comme un prolongement du plan américain pour la reconstruction de Gaza, le projet a rapidement pris une ampleur bien plus vaste. Selon une charte fondatrice de huit pages, consultée par plusieurs médias, le « Conseil de paix » ambitionne de devenir une organisation internationale chargée de stabiliser les régions en conflit. Le texte critique ouvertement les mécanismes multilatéraux traditionnels, jugés inefficaces et dépassés, sans jamais citer explicitement l’Organisation des Nations unies.

Le fonctionnement de cette nouvelle entité repose toutefois sur une concentration exceptionnelle du pouvoir. Donald Trump en serait le premier dirigeant, doté d’un rôle central dans la sélection des membres et la validation des décisions. Les résolutions adoptées pourraient être approuvées ou bloquées par le président américain, dont le mandat ne prendrait fin qu’en cas de démission volontaire ou d’incapacité reconnue à l’unanimité par un conseil exécutif qu’il aurait lui-même nommé. Le texte prévoit également qu’il puisse désigner librement son successeur, renforçant le caractère personnel et durable de son autorité.

Réactions contrastées des grandes puissances

L’annonce de l’invitation adressée à Vladimir Poutine a suscité un vif étonnement, compte tenu du contexte de confrontation entre Washington et Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué que la Russie souhaitait d’abord examiner les modalités précises de fonctionnement avant de prendre une décision. Donald Trump, de son côté, a confirmé publiquement cette invitation, affirmant sa volonté d’inclure la Russie dans ce nouveau cadre de discussion internationale.

En Europe, les réactions sont nettement plus critiques. Paris, par la voix de l’entourage du président Emmanuel Macron, a d’ores et déjà fait savoir qu’il n’était pas question de rejoindre une telle structure dans son format actuel. La France, attachée à son statut de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, redoute une marginalisation des institutions multilatérales existantes. Une inquiétude partagée par plusieurs capitales européennes, qui voient dans ce projet un instrument de politique étrangère largement aligné sur les intérêts américains.

Un accès conditionné par une contribution financière massive

L’un des aspects les plus controversés du projet réside dans ses modalités d’adhésion. Les États membres se verraient accorder un mandat de trois ans, renouvelable uniquement avec l’aval du président du Conseil. Une exception majeure est toutefois prévue : les pays acceptant de verser plus d’un milliard de dollars dès la première année obtiendraient un statut de membre permanent, à l’abri de toute exclusion. Une disposition qui introduit une logique financière assumée dans la gouvernance internationale, brouillant la frontière entre coopération diplomatique et transaction économique.

Plusieurs dirigeants proches de Donald Trump, comme le Premier ministre hongrois Viktor Orbán ou le président argentin Javier Milei, ont déjà exprimé leur intérêt. D’autres États comme l’Italie, l’Inde, le Brésil, l’Égypte, la Jordanie ou la Turquie, ont confirmé avoir reçu une invitation sans trancher publiquement. La signature officielle de la charte est annoncée pour jeudi à Davos, en marge du Forum économique mondial, où le président américain espère réunir les premiers membres fondateurs de son « Conseil de paix ». Une échéance qui pourrait marquer un tournant, ou au contraire cristalliser les divisions autour d’un projet jugé aussi ambitieux que controversé.

Thom Biakpa

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