Le président Xi Jinping lors de sa visite au Tibet/ AP
C’est un événement hautement symbolique : Xi Jinping a effectué sa deuxième visite à Lhassa, au Tibet, depuis le début de son mandat, pour marquer le 60e anniversaire de la création de cette région autonome par Pékin. Cette visite revêt une importance stratégique dans un contexte de tensions ethniques et religieuses croissantes. Devant une foule de 20 000 personnes, le président chinois a mis en avant les succès du Parti communiste et a appelé à l’unité, tout en laissant entrevoir des sujets délicats en arrière-plan.
Sous une sécurité renforcée, Xi Jinping a célébré les six décennies de la région autonome du Tibet. Cette visite surprise se déroule dans un territoire où le Parti communiste a depuis longtemps mis en œuvre une politique de sinisation. Des organisations non gouvernementales dénoncent une répression des pratiques religieuses et une surveillance accrue de la population. Toutefois, Pékin se défend en affirmant avoir significativement amélioré les conditions de vie des Tibétains.
À Lhassa, le président chinois s’est adressé à des milliers de responsables, d’écoliers et de militaires réunis au pied du palais du Potala, ancienne résidence des dalaï lamas. Il a plaidé pour « l’unité interethnique » et la « stabilité religieuse ». Bien qu’il n’ait pas mentionné le Dalaï Lama, actuellement en exil en Inde, il a souligné l’importance de diriger le bouddhisme tibétain vers « la société socialiste ». Pékin revendique le droit de choisir le successeur du Dalaï Lama et rejette les projets de succession envisagés en dehors de son territoire.
Cette visite intervient également dans un contexte géopolitique tendu. En effet, la Chine est en train de construire un immense barrage sur le fleuve Yarlung Tsangpo, un projet que Pékin présente comme écologique et stratégique. Cependant, l’Inde et le Bangladesh, situés en aval, craignent que ce barrage ne serve de moyen de contrôle hydraulique.
La région autonome du Tibet a été établie en 1965. Ce statut garantit théoriquement la co-officialité de la langue tibétaine avec le chinois et promet un certain degré d’autonomie. Dans la réalité, toutefois, la région est étroitement surveillée par le gouvernement central.
Ainsi, le Tibet demeure un point névralgique de nombreux enjeux : religieux, identitaires, mais aussi énergétiques et diplomatiques.
Thom Biakpa
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