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Afrique du Sud : Pretoria obtient le retour de ses ressortissants partis combattre en Ukraine pour la Russie

Cyril Ramaphosa s'est montré reconnaissant envers Vladimir Poutine pour avoir facilité le retour de plusieurs de ses concitoyens partis combattre en Ukraine/ AP

L’Afrique du Sud s’active à tourner la page d’une affaire embarrassante. Mardi 24 février, le président Cyril Ramaphosa a publiquement remercié son homologue russe, Vladimir Poutine, pour avoir facilité le rapatriement de plusieurs Sud-Africains envoyés combattre en Ukraine après avoir, selon Pretoria, été trompés lors de leur recrutement.

Des retours déjà engagés

Quatre hommes sont rentrés en Afrique du Sud la semaine dernière. Onze autres devraient suivre prochainement. Deux ressortissants se trouvent encore en Russie, dont l’un hospitalisé.

L’affaire avait éclaté en novembre, lorsque 17 Sud-Africains avaient contacté les autorités pour demander de l’aide, affirmant avoir été dupés puis intégrés aux forces russes déployées dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine. Dans un communiqué, la présidence sud-africaine a salué la coopération de Moscou, soulignant que le président russe avait « répondu positivement » à la demande de Pretoria d’organiser ces retours.

Des recrues gravement blessées

Les conséquences humaines sont lourdes. Selon des informations relayées par la presse locale, un homme de 39 ans a perdu un pied à la suite d’une attaque de drone en décembre. Un autre, âgé de 45 ans, serait désormais contraint d’utiliser un fauteuil roulant.
En Afrique du Sud, la loi interdit formellement aux citoyens de s’engager dans une armée étrangère sans autorisation gouvernementale. Les autorités ont ouvert une enquête, afin d’établir les circonstances exactes de ces départs, qualifiés de potentiels actes de mercenariat.

Des soupçons politiques

Le dossier prend également une tournure politique. Des proches des recrues ont affirmé que le voyage en Russie aurait été présenté comme une formation en sécurité ouvrant la voie à un emploi au sein du parti MK, fondé en 2023 par l’ancien président Jacob Zuma.
Certaines familles ont mis en cause Duduzile Zuma-Sambudla, fille de Jacob Zuma, l’accusant d’avoir participé au recrutement. Elle a depuis démissionné de son mandat parlementaire.

Un phénomène plus large en Afrique

Le cas sud-africain ne serait pas isolé. Des ressortissants d’autres pays africains affirment également avoir été envoyés combattre après avoir été trompés sur la nature de leur mission.

Au Kenya, plusieurs hommes revenus de Russie ont décrit un processus similaire. Un rapport des services de renseignement kényans évoque plus de 1 000 citoyens partis en Russie avant d’être engagés dans le conflit. De son côté, Kiev affirmait en novembre avoir identifié au moins 1 436 ressortissants issus de 36 pays africains dans les rangs russes.

Entre diplomatie et clarification

Pour Pretoria, l’enjeu est double : assurer le retour de ses citoyens encore présents en Russie et déterminer les responsabilités internes. L’affaire intervient dans un contexte diplomatique sensible, l’Afrique du Sud ayant adopté une position officiellement non alignée depuis le début de la guerre en Ukraine.

Alors que les rapatriements se poursuivent, les autorités sud-africaines cherchent désormais à comprendre comment ces hommes ont été recrutés et à empêcher que de tels départs ne se reproduisent.

Thom Biakpa

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