La justice sud-africaine a condamné, mercredi 27 août, Julius Malema coupable d’appel à la haine / AP
Le militant sud-africain Julius Malema, leader du parti d’opposition populiste Economic Freedom Fighters (EFF), a été condamné mercredi 27 août par la justice sud-africaine pour appel à la haine. Cette décision fait suite à des propos controversés qu’il a tenus lors d’un rassemblement en 2022, où il a affirmé que “tuer fait partie d’un acte révolutionnaire” et a déclaré : “Vous ne devez jamais avoir peur de tuer”.
Malema, figure emblématique de l’opposition en Afrique du Sud, n’est pas étranger à la controverse. Ses déclarations, ainsi que sa chanson anti-apartheid “Kill the Boer, kill the farmer” (“Tuez le Boer, tuez le fermier”), lui ont valu de nombreuses critiques. Ces récents propos ont également attiré l’attention internationale, notamment lorsque le président américain Donald Trump a évoqué Malema dans une vidéo lors d’une rencontre avec son homologue Cyril Ramaphosa, alimentant ainsi les accusations de “génocide blanc” en Afrique du Sud.
La condamnation de Malema a suscité des réactions au sein du paysage politique sud-africain. Le deuxième plus grand parti du pays, l’Alliance Démocratique (DA), a exprimé ses préoccupations, affirmant que “la réputation de l’Afrique du Sud sur la scène mondiale est en jeu lorsque de telles manifestations de haine sont tolérées ou ignorées”.
En réponse à la décision du tribunal, le parti de Julius Malema a annoncé son intention de faire appel. Les représentants du parti contestent le jugement, arguant que la cour n’a pas pris en compte le contexte historique, politique et idéologique des déclarations de Malema. Dans un communiqué, ils ont affirmé que “la cour a ignoré la nature de l’événement, qui était une assemblée politique où la théorie révolutionnaire, les stratégies et l’histoire sont discutées, et elle a traité le discours comme s’il s’agissait d’un ordre opérationnel direct visant à commettre un meurtre”.
La Commission sud-africaine des droits de l’Homme avait été saisie de cette affaire, et la juridiction civile a conclu que les propos de Malema “constituaient un discours d’appel à la haine”, démontrant une intention claire d’inciter à la violence et de promouvoir la haine. À la suite de cette décision, Julius Malema et son parti ont été condamnés à rembourser les frais de justice engagés par les plaignants.
Cette affaire soulève des questions importantes sur la liberté d’expression, le discours politique et les limites de la provocation dans un pays encore marqué par les séquelles de l’apartheid. Les prochaines étapes, notamment l’appel de Malema, seront scrutées de près tant au niveau national qu’international.
Thom Biakpa
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