La polémique diplomatique entre l’Afrique du Sud et les États-Unis a pris une nouvelle tournure le 11 mars 2026. Le parti d’opposition Economic Freedom Fighters (EFF), dirigé par Julius Malema, a demandé au gouvernement sud-africain d’expulser l’ambassadeur américain, Leo Brent Bozell III, l’accusant d’avoir tenu des propos jugés offensants à l’égard des institutions du pays. Selon l’EFF, ces déclarations constitueraient une ingérence dans les affaires internes de l’Afrique du Sud et porteraient atteinte à sa souveraineté.
Des propos jugés irrespectueux par l’EFF
Le porte-parole du parti, Sinawo Thambo, affirme que l’ambassadeur américain aurait exprimé « du mépris » envers les institutions sud-africaines, notamment la présidence, le Parlement et le système judiciaire. Pour l’EFF, ces commentaires dépassent les limites habituelles de la diplomatie et traduisent une tentative d’influencer la politique nationale.
Dans son argumentaire, le parti a également évoqué plusieurs dossiers internationaux pour critiquer la position des États-Unis. Il cite notamment la situation du peuple palestinien, le maintien du blocus économique contre Cuba, ainsi que des accusations relatives à des opérations militaires américaines à l’étranger, qu’il présente comme des exemples de violations des droits humains.
Une convocation officielle par la diplomatie sud-africaine
La controverse intervient après que le ministère sud-africain des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur américain le 11 mars. Cette démarche faisait suite à ses commentaires publics sur certaines lois nationales et sur des symboles historiques liés à la lutte contre l’apartheid.
Parmi les déclarations qui ont suscité la polémique figure sa critique de la chanson militante « Kill the Boer, Kill the Farmer », issue du mouvement de lutte contre le régime d’apartheid. L’ambassadeur l’a qualifiée de discours de haine. Il a également dénoncé certaines politiques de discrimination positive, qu’il considère comme une forme de « racisme inversé ».
Ces positions ont provoqué une réaction rapide au sein du paysage politique sud-africain, en particulier chez les partis de gauche. L’EFF estime que remettre en cause un chant associé à la lutte historique contre la domination raciale revient à manquer de respect à l’histoire et aux institutions du pays.
Une demande d’expulsion pour défendre la souveraineté
Face à cette situation, l’EFF réclame officiellement que l’ambassadeur soit déclaré persona non grata, une mesure diplomatique qui entraînerait son renvoi immédiat. Le parti considère que sa présence à Pretoria est devenue incompatible avec des relations diplomatiques respectueuses.
Le mouvement critique également le rôle des entreprises américaines en Afrique du Sud, affirmant qu’elles profiteraient de l’économie locale sans contribuer suffisamment au développement du pays.
À ce stade, le gouvernement sud-africain n’a toutefois annoncé aucune décision concernant une éventuelle expulsion de l’ambassadeur américain.
Thom Biakpa
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