Home Politique Russie : Sous la menace des sanctions, Poutine prêt à anticiper la coupure du gaz à l’Europe
Politique

Russie : Sous la menace des sanctions, Poutine prêt à anticiper la coupure du gaz à l’Europe

Vladimir Poutine président de la Russie/ Reuters

La Russie pourrait décider de couper elle-même le robinet du gaz vers l’Europe avant même que les sanctions européennes n’entrent pleinement en vigueur. Lors d’une intervention diffusée mercredi 4 mars 2026 sur la télévision d’État russe, le président Vladimir Poutine a évoqué la possibilité d’un arrêt volontaire des exportations gazières vers le marché européen.

Face au journaliste Pavel Zarubin, le chef du Kremlin a expliqué qu’il demanderait à son gouvernement d’étudier l’opportunité de rediriger les volumes de gaz vers d’autres régions du monde. « D’autres marchés s’ouvrent maintenant. Et peut-être serait-il plus rentable pour nous d’arrêter d’approvisionner le marché européen dès maintenant », a-t-il déclaré, en précisant qu’il s’agissait d’une réflexion et non d’une décision arrêtée.

Une rupture énergétique déjà bien engagée

Cette prise de position intervient alors que l’Union européenne poursuit sa stratégie de réduction de sa dépendance au gaz russe. Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, les flux énergétiques entre Moscou et les pays européens ont été progressivement réduits.
Avant la guerre, la Russie fournissait environ 45 % du gaz consommé dans l’Union européenne. En 2025, cette part est tombée à près de 13 %, selon les données du Conseil de l’UE, même si les achats restants représentent encore plus de 15 milliards d’euros par an.

Le Parlement européen a d’ailleurs adopté en décembre 2025 une résolution visant à mettre fin aux importations de gaz naturel liquéfié russe d’ici la fin de l’année 2026. Les livraisons par pipeline doivent, elles, cesser complètement d’ici le 30 septembre 2027.

Moscou regarde vers d’autres débouchés

Dans ce contexte, Moscou envisage d’intensifier ses exportations vers d’autres régions. Vladimir Poutine a évoqué des marchés « plus prometteurs », sans les détailler. Plusieurs analystes estiment toutefois que l’Asie et le Moyen-Orient pourraient devenir les principaux débouchés alternatifs, notamment avec l’essor des infrastructures de gaz naturel liquéfié.

La Russie continue déjà d’exporter du GNL vers certains ports européens grâce à l’usine Yamal LNG, exploitée par la société Novatek. Malgré les tensions liées au conflit en Ukraine, ces cargaisons continuent de générer plusieurs milliards d’euros de revenus annuels pour Moscou, selon des organisations non gouvernementales.

Des partenaires européens épargnés

Le président russe a toutefois laissé entendre que certains pays pourraient rester approvisionnés. Moscou prévoit de maintenir ses livraisons à la Slovaquie, à la Hongrie et à la Serbie, considérées comme des partenaires fiables.
Cette déclaration est intervenue le même jour que la visite au Kremlin du ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó. À l’issue de la rencontre, Budapest a indiqué avoir obtenu des garanties concernant la poursuite de ses approvisionnements en gaz et en pétrole russes.

Une nouvelle étape attendue en avril

Du côté européen, le calendrier des sanctions continue de se préciser. La Commission européenne doit présenter le 15 avril 2026 une proposition législative visant à instaurer une interdiction permanente des importations de pétrole russe.
Ce projet devrait ouvrir une nouvelle phase de négociations entre les États membres, afin de déterminer les modalités et le rythme d’application de cette mesure, dans un contexte énergétique toujours marqué par les répercussions du conflit en Ukraine.

Thom Biakpa

Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Related Articles