Lancée par Donald Trump, l’initiative du » Conseil de la paix » ne fait pas l’unanimité sur la scène internationale. Présentée comme un nouvel outil de dialogue et de règlement des conflits, elle a certes séduit plusieurs pays aux profils variés, de l’Argentine à l’Arabie saoudite, en passant par la Turquie, l’Égypte ou le Maroc. Mais cette adhésion partielle met surtout en lumière de profondes lignes de fracture diplomatiques.
Face à ce projet américain, plusieurs grandes puissances occidentales ont choisi de garder leurs distances. La France, le Royaume-Uni, la Suède et la Norvège ont décliné l’invitation, tandis que le Canada, après avoir exprimé ses réserves, s’est vu retirer la sienne. La Chine, de son côté, n’a donné aucun signe d’intérêt. Un silence qui, au fil des semaines, s’est transformé en véritable posture stratégique.
Plutôt que d’entrer dans un cadre perçu comme une structure parallèle aux institutions existantes, Pékin a clairement fait le choix du multilatéralisme classique, incarné par les Nations unies. Cette orientation s’est illustrée lors d’un échange téléphonique entre le président chinois Xi Jinping et son homologue brésilien Luiz Inácio Lula da Silva.
Les deux dirigeants ont alors réaffirmé l’importance du rôle central de l’ONU dans la gestion des crises internationales. Selon eux, la paix mondiale ne saurait dépendre d’initiatives ponctuelles portées par un seul État, mais doit s’appuyer sur des mécanismes collectifs reconnus et légitimes. En tant que figures majeures du Sud global, la Chine et le Brésil entendent défendre une gouvernance mondiale plus équilibrée et plus inclusive.
Derrière ce discours se dessine une stratégie bien définie. En mettant en avant l’ONU, Pékin ne se contente pas de défendre un principe : il s’agit aussi de contenir l’influence américaine en rappelant que des cadres multilatéraux existent déjà. Le rapprochement avec le Brésil renforce cette position et montre que la contestation du Conseil de la paix de Trump dépasse largement le cadre européen pour s’ancrer chez de grandes puissances émergentes.
Cette convergence sino-brésilienne s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de remise en cause des initiatives unilatérales. Pour Pékin comme pour Brasilia, l’enjeu n’est pas de contourner le système international, mais de le réformer et de le renforcer, sans en fragiliser les fondements. Xi Jinping a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance mondiale tout en préservant la légitimité des structures multilatérales existantes.
Au final, la réponse chinoise au projet de Donald Trump se veut moins frontale que méthodique. En s’appuyant sur l’ONU et en mobilisant des partenaires clés du Sud global, Pékin cherche à imposer une vision claire : la paix et la stabilité internationales ne peuvent être assurées que par des institutions collectives fondées sur le consensus, et non par des initiatives parallèles aux contours incertains.
Thom Biakpa
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