La Russie a annoncé l’expulsion d’un diplomate britannique en poste à Moscou, accusé par les autorités d’activités d’espionnage. Selon le Service fédéral de sécurité (FSB), l’intéressé aurait été identifié au terme d’une opération de contre-espionnage menée sur le territoire russe. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de fortes tensions entre Moscou et Londres, aggravées depuis le début de la guerre en Ukraine.
Le diplomate concerné, Gareth Samuel Davis, occupait officiellement les fonctions de deuxième secrétaire au sein du département administratif et économique de l’ambassade du Royaume-Uni. D’après le FSB, cet homme né en 1980 aurait en réalité travaillé pour les services de renseignement britanniques, menant des activités jugées contraires à la sécurité nationale russe. Les autorités lui ont accordé un délai de quinze jours pour quitter le pays, conformément aux usages diplomatiques.
Dans un communiqué, le FSB affirme que le diplomate menait des actions de subversion directement préjudiciables aux intérêts de la Fédération de Russie. Le ministère russe des Affaires étrangères a aussitôt révoqué son accréditation, mettant un terme à son statut diplomatique. Moscou accuse régulièrement les ambassades occidentales d’abriter des agents de renseignement opérant sous couverture officielle.
Cette expulsion intervient dans un climat de dégradation continue des relations entre la Russie et le Royaume-Uni. Depuis l’offensive russe contre l’Ukraine en février 2022, les liens diplomatiques entre Moscou et les pays occidentaux se sont considérablement détériorés. Londres figure parmi les soutiens les plus actifs de Kiev, tant sur le plan politique que militaire, notamment par la fourniture de missiles Storm Shadow, utilisés par l’armée ukrainienne contre des cibles russes un soutien perçu par le Kremlin comme une provocation majeure.
L’épisode s’ajoute à une série de mesures similaires. En mars 2025, deux membres de l’ambassade britannique avaient déjà été expulsés, accusés d’activités incompatibles avec leur statut. En septembre 2024, six autres diplomates britanniques avaient été déclarés persona non grata pour des soupçons de collecte d’informations sensibles. Londres rejette systématiquement ces accusations, les qualifiant de mensongères et destinées à faire pression sur son personnel diplomatique.
Au-delà du seul cas britannique, les expulsions de diplomates se sont multipliées depuis le début du conflit ukrainien. Entre 2022 et 2023, près de 670 représentants russes auraient été renvoyés par des pays occidentaux et le Japon, tandis que Moscou aurait expulsé plus de 340 diplomates étrangers en représailles. Cette réduction massive des effectifs diplomatiques a fragilisé les canaux de dialogue entre les États concernés.
Parallèlement, le gouvernement britannique dirigé par Keir Starmer fait l’objet de sanctions symboliques de la part de la Russie. Plusieurs ministres britanniques figurent sur une liste noire leur interdisant l’entrée sur le territoire russe. Les propos récents du Premier ministre évoquant un possible déploiement de forces terrestres en Ukraine dans le cadre d’une mission internationale ont renforcé l’irritation du Kremlin, accentuant encore un climat de confrontation durable entre Moscou et Londres.
Thom Biakpa
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