La bataille judiciaire de Jair Bolsonaro a franchi une nouvelle étape. Malgré une hospitalisation prolongée et les alertes répétées de ses avocats sur son état de santé, l’ancien président brésilien a été reconduit en prison jeudi, à la suite d’une décision ferme de la Cour suprême.
Hospitalisé à Brasilia depuis le 24 décembre, Jair Bolsonaro avait quitté sa cellule pour subir une intervention chirurgicale liée à une hernie, ainsi que plusieurs traitements médicaux destinés à soulager de violentes crises de hoquet. Sa défense espérait transformer cette parenthèse médicale en assignation à résidence, plaidant un risque sérieux pour sa santé en cas de retour en détention.
Mais la Cour suprême n’a pas été convaincue. Le juge Alexandre de Moraes a estimé que l’état de santé de l’ancien chef de l’État ne justifiait pas un régime de faveur. Selon la haute juridiction, aucune aggravation clinique n’a été constatée depuis le rejet d’une première demande dite « humanitaire » quelques semaines plus tôt.
Une condamnation lourde et un climat politique tendu
Âgé de 70 ans, Jair Bolsonaro purge une peine de vingt-sept ans de prison après avoir été reconnu coupable d’avoir conspiré pour se maintenir au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle de 2022, remportée par Luiz Inacio Lula da Silva. La Cour suprême a conclu à l’existence d’une tentative de coup d’État, un verdict que l’ex-président conteste toujours avec véhémence, dénonçant une « persécution politique ».
Incarcéré depuis la fin novembre, Bolsonaro souffre de multiples pathologies, dont les séquelles de l’attentat au couteau dont il avait été victime en 2018. Ses médecins évoquent notamment une apnée du sommeil sévère, une gastrite et une œsophagite.
La colère de son entourage
La décision de la Cour suprême a provoqué l’indignation de ses proches. Sur le réseau social X, son fils aîné, le sénateur Flávio Bolsonaro, a qualifié le refus d’assignation à résidence de « torture », estimant que la justice faisait fi de la réalité médicale de son père.
Malgré son incarcération et son inéligibilité déjà actée avant son procès, Jair Bolsonaro continue d’exercer une influence politique. Depuis sa cellule, il a récemment apporté son soutien à la candidature de Flávio Bolsonaro pour l’élection présidentielle prévue en octobre 2026, signe que la dynastie politique entend rester présente sur la scène brésilienne.
Entre impératif judiciaire, considérations humanitaires et polarisation politique, le cas Bolsonaro continue de diviser profondément le Brésil.
Thom Biakpa
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