Pékin appuie sur l’accélérateur. En 2025, la Chine a engagé des montants sans précédent dans ses projets d’infrastructures à l’étranger, confirmant la montée en puissance de ses « nouvelles routes de la soie ». Avec ces investissements massifs, le pays entend sécuriser ses ressources, garantir son approvisionnement énergétique et renforcer son influence géopolitique, s’imposant toujours davantage comme un acteur central du « Sud global ».
Les financements chinois ont progressé de 75 % en un an pour atteindre 213 milliards de dollars, un niveau record depuis le lancement de la Belt and Road Initiative. Cette accélération s’inscrit dans un contexte marqué par le recul de l’influence américaine, les tensions commerciales persistantes avec Washington et la forte instabilité des marchés mondiaux de l’énergie.
Les priorités de Pékin sont clairement identifiées : énergie, ressources minières et technologies stratégiques. Du gaz en République démocratique du Congo à un vaste complexe industriel au Nigeria, en passant par une usine pétrochimique en Indonésie, les mégaprojets se multiplient à travers le monde.
Sécuriser les chaînes d’approvisionnement
Le secteur de l’énergie capte à lui seul plus de 93 milliards de dollars d’investissements, notamment dans le solaire, l’éolien et la valorisation des déchets. Les métaux occupent également une place centrale, portés par la course au cuivre, devenu essentiel au développement des centres de données qui soutiennent l’essor de l’intelligence artificielle.
Derrière ces financements, l’objectif est assumé : sécuriser les chaînes d’approvisionnement, diversifier les débouchés commerciaux et réduire la dépendance vis-à-vis de l’Occident. Forte de 150 pays partenaires, la Chine est désormais le premier créancier bilatéral mondial.
Cette stratégie suscite toutefois de vives inquiétudes, notamment en raison de l’endettement croissant des pays bénéficiaires, de l’opacité de certains contrats et des risques géopolitiques associés.
Tandis que Pékin avance ses pions, ses partenaires s’endettent, et l’équilibre mondial continue de se redessiner.
Thom Biakpa
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